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    Le chorégraphe qui aide les femmes violées à se reconstruire

    Le chorégraphe qui aide les femmes violées à se reconstruire
    Par Clémence Guinard et Marie Haynes,
    publié le 21/06/2019 à 14:08
    Bolewa Sabourin est danseur et chorégraphe. Il utilise la musique et le mouvement pour aider les femmes violées à se réapproprier leur corps et leur esprit.
    « Allez on y va, on n’y arrivera pas si on est timoré ! » Sur le rythme d’un djembé, Bolewa Sabourin invite les femmes qui l’entourent à lâcher prise. Les pieds, les hanches, les épaules, la tête, tout doit bouger, pour oublier. Oublier le temps d’une heure le corps meurtri et le traumatisme du viol. Avec la danse, le chorégraphe veut aider ces victimes à retrouver « l’envie de prendre du plaisir ».
    Il a élaboré un projet thérapeutique « Re-création », qu’il met en oeuvre avec son ami William Njaboum et son association Loba, dont « l’idée est de passer une heure à travailler le mouvement, suivie d’une heure à libérer la parole. » Après avoir dansé, les femmes sont invitées à échanger, en présence d’une psychologue. « Si certaines éprouvent le besoin de revenir sur ce qu’elles ont vécu, c’est que le mouvement les y aura aidées », analyse-t-il.

    « Le rythme permet de les recentrer »

    Bolewa Sabourin est franco-congolais. Il a d’abord développé ce projet pour les femmes de République démocratique du Congo (RDC), les mêmes que le docteur Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, soigne dans son hôpital de Panzi, au Sud Kivu. Dans cette région instable, beaucoup sont victimes du viol, utilisé comme une arme de guerre par les milices locales.
    « J’en avais entendu parler en tant que Congolais, mais comme quelque chose de presque banal. On avait banalisé ces horreurs… » se souvient-il. Mais en 2016, à Paris, sa rencontre avec Denis Mukwege le fait réagir : « J’avais besoin d’un modèle congolais, qui me permette d’y aller, de m’engager sur ces questions ».
    Il met au point son projet thérapeutique, le présente au médecin et se rend en RDC, le pays de son père, y rencontrer ces femmes en souffrance et les faire danser. « Elles sont souvent ‘dérythmées’ à cause de ce qui leur est arrivé, a-t-il constaté. Elles ne savent pas par quel bout prendre la vie. Le rythme leur permet de reprendre petit à petit les choses en main et de recadrer, recentrer ».

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