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    Nice : Le « héros de l’attentat » tente de se suicider

    Par Mathilde Frénois et Fabien Binacchi
    10/10/19
    Franck a finalement été mis en sécurité et pris en charge par les secours
    Tout un quartier a été bouclé. Jeudi 10 octobre 2019, le Raid a déployé ses hommes dans l’ouest de Nice, chemin de la Batterie-Russe, pour gérer une tentative de suicide. Une intervention qui s’est conclue vers 13h40, avec la mise en sécurité de la personne.
    Selon des sources concordantes, il s’agirait de Franck, le « héros du 14 juillet » qui avait tenté d’arrêter avec son scooter le camion sur la promenade des Anglais.

    « Il menaçait de mettre fin à ses jours »

    « Vers midi, un équipage de la police municipale a fait appel à nos services pour une personne retranchée à son domicile. Il menaçait de mettre fin à ses jours, explique le service de communication de la police nationale. Plusieurs équipages, dont la BAC, ont pris contact pour raisonner la personne retranchée. Le contact n’a pas été possible. » C’est à ce moment-là que le Raid est intervenu. Il est parvenu à mettre en sécurité Franck. Le héros a été pris en charge par les secours. Il a été hospitalisé.
    Ce père de famille avait été décoré de la Légion d’honneur un an après l’attentat, le 14 juillet 2017.

    « J’ai en tête les images des corps qui volaient de partout. J’ai tout de suite compris, j’ai alors décidé d’accélérer. Ma femme, derrière moi, me tirait le bras et me demandait où j’allais. Je me suis arrêté. Je lui ai dit : “Dégage !” Et j’ai accéléré à fond. »

    Franck ne s’est jamais remis de cette nuit d’horreur.


    « On m’avait prédit un contrecoup. Il m’est tombé dessus sans prévenir, début septembre. J’ai vécu une sorte de black-out. Pendant trois semaines, je vivais machinalement, j’étais debout, mais je n’ai aucun souvenir de cette période. Le psychiatre m’a expliqué que le cerveau, épuisé, finissait par tirer le rideau »

    confiait-il en décembre 2016.

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    Attentat de Nice : le traumatisme des enfants

    Attentat de Nice : le traumatisme des enfants
    Par Sofia Fischer
    Dimanche 14 juillet 2019
    La Fondation Lenval, au CHU de Nice, a lancé il y a un an et demi une étude inédite en Europe sur les séquelles psychiatriques chez les enfants présents lors de l’attentat du 14 juillet 2016.
    De la fenêtre du septième étage de l’hôpital Lenval pour enfants, à Nice, on pourrait ne voir que la mer. La mer à perte de vue. Mais, en s’approchant des vitres, on aperçoit aussi la « Prom », comme l’on surnomme ici la promenade des Anglais, ainsi que le chemin qu’a emprunté Mohamed Lahouaiej Bouhlel avec son 19-tonnes pour entamer sa course folle, le 14 juillet 2016. Bilan de cet attentat : 86 morts, 458 blessés et des centaines de familles traumatisées.
    Dans la salle d’attente, un ado avec ses écouteurs dans les oreilles tourne en rond et finit par sortir prendre l’air. Les espaces confinés l’angoissent. Une petite fille, d’habitude mutique, se met à hurler quand sa mère tente d’aller aux toilettes.
    C’est ici, parmi les Playmobil de pompiers et de policiers, que se déroule depuis un an et demi une étude épidémiologique inédite en Europe : un programme de recherche baptisé « 14-7 », pour étudier les incidences et l’évolution des troubles psychiatriques chez les enfants présents lors de l’attentat.

    Sur les 378 enfants suivis, plus de 60 % souffrent de symptômes liés au stress post-traumatique

    Les résultats provisoires sont édifiants : sur les 378 enfants suivis, plus de 60 % souffrent de symptômes liés au stress post-traumatique. Chez les plus jeunes, plus de la moitié ont développé des phobies et des troubles du sommeil. Pour les plus âgés, il s’agit plutôt de pathologies nerveuses : tics, panique, anxiété de séparation…
    Jamais autant d’enfants n’avaient été frappés par une attaque terroriste en France. « La population pédiatrique touchée, la violence de l’attaque, avec l’intention de tuer, dans un pays en paix, a rendu la situation inédite », explique la professeure Florence Askenazy, responsable du programme. La recherche porte également sur des prélèvements salivaires afin d’observer des modifications au niveau de l’expression des gènes.

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