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    Freud : l’interprétation des rêves

    Sigmund Freud lecteur. Date inconnue © Getty / ullstein bild
    Freud : l’interprétation des rêves
    Mardi 24 septembre 2019
    par Laurent Goumarre
    80 ans après la disparition de Sigmund Freud, arrêtons nous sur l’interprétation des rêves. Comment sa célèbre théorie lui est-elle venue ? Avec des extraits d’archives de lectures par Michel Bouquet qui interprète le psychanalyste.

    Freud publie L’Interprétation des rêves à la fin de 1899, il y a 120 ans. Une sorte d’auto-analyse, Freud y raconte ses propres rêves hantés par la mort de son père Jacob, trois ans plus tôt et ses souvenirs d’enfance. C’est un livre de crise personnelle, de dépression qui travaille la nature des rêves. Les rêves ont un sens, ils sont « l’accomplissement d’un désir ». L’ouvrage est mal perçu, selon Freud qui déclarait : « les éloges ressemblent à des aumônes, l’ouvrage est manifestement antipathique à la plupart des gens ».
    Le premier octobre 1963, sur Paris Inter, qui deviendra cette même année France Inter, Marthe Robert, critique littéraire et connue pour sa lecture psychanalytique de la littérature, consacrait l’émission « La Liberté coupable » à la science des rêves selon Freud. Avec des lectures notamment signées Michel Bouquet.

    La révolution psychanalytique

    Une suite d’émissions composées par Marthe Robert. Aujourd’hui : La sciences des rêves
    Elle passe pour l’œuvre maîtresse de Freud, un des solides piliers de la psychanalyse. Une trouvaille hasardeuse ? Il y a un peu de ça, puisque c’est en cherchant à percer le pourquoi et le comment des névroses qu’il tomba dessus.
    C’est grâce à la modification en profondeur de ses pratiques thérapeutiques qu’il put voir l’énorme valeur du rêve comme phénomène psychique. Son analyse psychique (d’abord fondée sur l’hypnose et la suggestion, dont il se débarrasse ensuite), était destinée à faire sortir du patient la cause de son symptôme.
    Un jour, une malade a demandé à Freud de ne pas l’interrompre dans le cours de ses pensées. Celui-ci se le tint pour dit et s’achemina vers la technique dite « des associations » ce qui donne toute son originalité à la psychanalyse. Il se mit à traiter les rêves comme les discours : des évocations des symptômes. […]
    Frappé par les pensées de certains psychiatres qui voyaient dans le délire onirique des désirs cachés. Freud commença de soupçonner qu’il pouvait en être de même, pour le rêve. Et que la part nocturne ne notre vie psychique n’était pas moins sensée ni orientée que celle du jour.

    Le 24 juillet 1895 est un jour historique

    Freud le consigna ainsi dans ses carnets. Cela commence par le rêve L’injection faite à Irma. Freud en avait transcrit l’interprétation dans un café de Vienne, le restaurant Bellevue, endroit où il se demandait s’il y aurait un jour une plaque ironiquement.
    Grand rêveur, il s’appliquait depuis toujours à noter ses rêves dans ses carnets qu’il détruisit un jour avec ses papiers. Ses rêves le fascinaient et il leur accordait une certaine créance. Celui où il passe ses examens de médecin revenait périodiquement.
    Il publie L’interprétation des rêves (traumdeutung), où il affirmait que le rêve à un sens et que ce sens concernait directement la personne. Là, il était son propre sujet, c’était de lui qu’il parlait en exposant ses propres idées. Il garda longtemps sa découverte pour lui, c’est qu’elle le mettait lui-même à nu.

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    Freud : le psychanalyste et l’invention de sa théorie

    Sigmund Freud en 1898 © Getty / Imagno
    Dans la nuit du 23 septembre 1939, Freud mourrait des suites d’un cancer de la mâchoire à Londres où il était exilé depuis son départ de l’Autriche en 1938. 80 ans après, c’est l’occasion de reparler du travail de l’inventeur de la psychanalyse.

    par Laurent Goumarre

    Première archive : Nous remontons au 24 septembre 1949, dix ans après la mort du père de la psychanalyse. Sur la chaîne nationale, le journaliste Paul Perronet recevait un groupe de spécialistes de la psychanalyse et de la psychiatrie. L’enjeu ? Faire le point sur l’œuvre de Sigmund Freud. Votre noterez les craquements du disque d’enregistrement dans cette archive sonore étonnante : « Il y a dix ans le professeur Sigmund Freud s’éteignait à Londres à 83 ans. Il avait la lumière sur l’inconscient, crée une nouvelle thérapeutique des troubles nerveux et jeté les bases d’une science, la psychanalyse, qui n’a cessé de se développer dans de nombreux domaines…  »

    Nous poursuivons la découverte du père de la psychanalyse avec l’émission « Les Jours du siècle »

    Le 18 novembre 1997, Ladislas de Hoyos recevait sur France Inter la psychanalyste et historienne Elisabeth Roudinesco. Dans cette émission d’histoire l’invitée revient sur les premiers travaux de Sigmund Freud qui fonderont sa théorie.

    « Freud s’inscrit dans un courant de recherche. Toute la fin du XIXe siècle s’interrogeait sur l’hystérie : cette maladie que l’on attribuait déjà plus à l’utérus. On savait que c’était psychique. Le psychanalyste réagissait au nihilisme thérapeutique de la médecine classique qui consistait à classer les maladies nerveuses sans écouter le malade. 

    Le mot « psychanalyse » est employé pour la première fois en 1896. L’idée est que le patient n’a plus besoin du regard du docteur. On passe de l’hypnose : l’idée d’endormir pour qu’il puisse parler à l’idée du retrait du soignant. Dorénavant, il fait son introspection seul avec le soutien du médecin. » 

    Freud par l’une de ses patiente et élève

    Marie Bonaparte en 1957 :

    « J’ai eu l’honneur d’être élève de Freud en 1926. J’ai été suivie par lui pour une analyse ce qui m’a permis de connaitre la pensée du maître. Surtout de connaitre la façon dont il vivait. Contrairement à ce que certains pensaient, ce n’était pas un personnage bizarre qui ne intéressait qu’à la sexualité en vertu d’une perversion. 
    Je n’oublierai jamais le salon où il recevait ses patients, qui était plutôt son bureau, le divan sur lequel avaient été ses patients sur lequel j’ai également eu l’honneur de m’étendre au dessus du quel trônait le portrait de Charcot (Jean-Martin, neurologue français) dont il avait gardé le souvenir et pour lequel il avait un grand culte.
    Freud est un des êtres les plus doux et les plus dénué de méchanceté que l’on puisse voir. Il vivait de façon extrêmement simple. Il me disait un jour qu’on disait que les hommes de génie étaient insupportables avec leur famille.
    Demandez à ma famille si je suis insupportable. Je ne dois donc pas avoir de génie.« 

    Freud vu par Tobie Nathan et lu par Didier Sandre

    Apres le Freud théoricien, fondateur de la psychanalyse, intellectuel viennois, on termine ce premier épisode avec un gros plan sur l’homme Freud, avec Cosmopolitaine.

    Le 30 décembre 2012. Paula Jacques recevait Tobie Nathan au théâtre de l’Odéon, une émission en public pour y dresser le portrait d’un Freud intime.

    « Freud porte une attaque mortelle au narcissisme de l’homme en affirmant qu’il n’est pas propriétaire de son moi, avec le ça. C’est un révolutionnaire qui provoque un véritable coup de tonnerre avec ses théories sur la sexualité. Son idée ? Si on ne va pas « au bout » en terme de sexualité cela peut rendre fou. Sur le sujet, il est allé plus loin que la plupart des gens de son milieu. Il ne faut pas oublier que ses patients appartiennent à la grande bourgeoisie, et on n’y parle pas de sexe… »

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