• EMDR,  Francine Shapiro

    HOMMAGE à Francine Shapiro, fondatrice de l’EMDR

    « Francine Shapiro nous a quittés !
    Nous la savions malade depuis de nombreuses années et, comme David Servan-Schreiber avant elle, elle s’est battue contre le cancer. Mais c’est la maladie qui a eu le dernier mot…
    Il y a des gens qui nous quittent et que l’on pleure. Il y a des gens qui nous quittent, que l’on pleure et à qui on ne peut s’empêcher de dire merci pour ce qu’ils ont fait et ce qu’ils nous ont apporté.

    À jamais l’EMDR sera attachée au nom de Francine Shapiro. Elle fit, à la fin des années 80, une découverte majeure qui révolutionna le champ de la psychothérapie et qui, aujourd’hui, permet de guérir les souffrances psychologiques et les psychotraumatismes.
    La méthode EMDR fait partie des psychothérapies qui ne soignent pas seulement mais qui guérissent.

    Oui, Francine Shapiro nous a quittés mais en laissant à l’humanité le plus beau des cadeaux ; un cadeau qui permet de réparer les vies cassées et de soigner les vies brisées !

    Merci Madame Shapiro. »

    Hommage du Pr. Cyril Tarquinio, directeur du Centre Pierre Janet

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    Addiction et stress post-traumatique : vers un traitement commun ?

    Des centaines d’anonymes, dont des proches de victimes, venus se receuillir et rendre hommage aux 83 victimes tuees au Bataclan lors des attentats du 13 Novembre 2015.
    Depot de bougies, cierges, messages, fleurs

    Addiction et stress post-traumatique : vers un traitement commun ?
    par Pascale Gisquet-Verrier et Claire Le Dorze
    28.03.2019
    À l’origine de ces deux pathologies, la mémoire. La possibilité, récemment démontrée, de modifier des souvenirs réactivés laisse entrevoir l’éventualité de nouveaux traitements. Dans ce billet publié avec Libération, Pascale Gisquet-Verrier et Claire Le Dorze nous présentent cette nouvelle piste thérapeutique.
    Et si l’on essayait de soigner le trouble du stress post-traumatique (TSPT) et l’addiction aux drogues en agissant sur… la mémoire ! C’est la nouvelle piste que nous proposons sur la base de nos récents travaux 1 qui s’appuient sur les nombreux points communs entre le TSPT et la dépendance à des substances comme l’alcool ou la cocaïne. Deux pathologies caractérisées par des réactivations des souvenirs pathologiques, qui les rendent alors malléables nous permettant d’intervenir en ajoutant de nouvelles informations.

    Différents mais ressemblants

    Les points communs entre l’addiction aux drogues et le TSPT sont nombreux. L’un comme l’autre ne se développe que chez certains sujets exposés à des événements extrêmes et opposés qui peuvent être schématiquement décrits comme très négatifs (trauma) ou très positifs (drogue). Les facteurs de prédisposition sont sensiblement les mêmes : milieu social défavorisé, traumatisme précoce, facteur génétique. Et de nombreux symptômes sont identiques : troubles du sommeil et de l’attention, retrait social, anxiété, dépression et indifférence affective. De plus ces pathologies sont caractérisées par un fort taux de comorbidité (l’association de ces deux maladies est en effet observée dans près de 40 % des cas).

    Indices de rappel et hypersensibilité

    Bien que ces deux pathologies ne s’expriment pas de la même façon, elles pourraient avoir une origine physiologique commune. En effet, elles se caractérisent par une hypersensibilité aux indices de rappel (comme des lieux, des objets, des personnes associées au traumatisme ou à la prise de drogue). Ces indices de rappel sont connus pour déclencher des réactivations de souvenirs, prenant la forme de reviviscences (flash-back), ou des envies irrépressibles de drogue (craving selon le terme anglo-saxon). Ces réactivations répétées, caractéristiques des deux pathologies, pourraient être à l’origine des nombreux symptômes communs.
    Comme proposé par Jean-Pol Tassin 2 dans le cas de l’addiction, nous faisons l’hypothèse que l’exposition à un traumatisme d’une intensité extrême a le même effet qu’une prise de substance psychoactive et qu’il brise l’autocontrôle des systèmes monoaminergiques et notamment ceux de la noradrénaline et de la sérotonine qui ont un effet important sur la réactivation des souvenirs. Nous avons montré en particulier que le découplage qui en résulte provoque une hypersécrétion de monoamines qui pourraient être à l’origine de la fameuse hypersensibilité aux indices de rappel décrite plus haut.

    Nous faisons l’hypothèse que l’exposition à un traumatisme d’une intensité extrême a le même effet qu’une prise de substance pychoactive et qu’il brise l’autocontrôle des systèmes monoaminergiques.

    Ces conceptions récentes sur le TSPT et l’addiction conduisent à de nouvelles voies thérapeutiques pour ces deux pathologies qui n’ont toujours pas de traitement spécifique. Elles sont d’ailleurs généralement traitées de la même façon par un antidépresseur accompagné de thérapies cognitivo-comportementales qui sont souvent les mêmes, mais dont l’efficacité est restreinte dans le temps, n’empêchant pas de fréquentes rechutes, même après des périodes de rémission ou d’abstinence très longues.
    La première piste a déjà été explorée avec succès chez la souris par l’’équipe de Jean-Pol Tassin. Elle consiste à réaliser un recouplage artificiel des systèmes monoaminergiques, en délivrant des agents qui bloquent l’hypersécrétion de ces monoamines 3 . La deuxième piste, le remodelage émotionnel, est la technique que nous avons mise au point chez l’animal.


    1 «Post Traumatic Stress Disorder and Substance Use Disorder as Two Pathologies Affecting Memory Reactivation : Implications for New Therapeutic Approaches», P. Gisquet-Verrier, C. Le Dorze, «Frontiers in Behavioral Neuroscience», mis en ligne le 13 février 2019.
    2 Jean-Pol Tassin travaille au laboratoire Neuroscience Paris-Seine (CNRS/Sorbonne Université/Inserm).
    3 «The Combination of Marketed Antagonists of α1b-Adrenergic and 5-HT2A Receptors Inhibits Behavioral Sensitization and Preference to Alcohol in Mice: A Promising Approach for the Treatment of Alcohol Dependence», F.Trovero et al., Plos One, publié en mars 2016.

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