• Psychologie,  Psychothérapie

    Qu’est-ce que le suivi psychologique ?

    Qu’est-ce que le suivi psychologique ?
    Jean-Pierre Vidit
    Vidit, J. (2001). Qu’est-ce que le suivi psychologique ?. Cahiers de psychologie clinique, 17(2), 63-80. doi:10.3917/cpc.017.0063.

    1 – Introduction

    Le terme de « suivi psychologique » occupe incontestablement une place floue, incertaine – certains diront hybride – dans l’arsenal technique à la disposition des psychologues.

    Coincé entre les procédures se rangeant explicitement sous la bannière des différentes formes de psychothérapies ayant leurs cadres théoriques, leurs méthodologies propres ainsi que leurs dispositifs de formation et celles relevant de l’investigation et des entretiens diagnostics qui privilégient le matériel psychométrique ou projectif, voire l’entretien non-directif ; le « suivi psychologique » fait figure de parent pauvre voire de pis aller et se situe, en première approche, à l’articulation de ces deux champs.

    Cette position d’entre-deux suscite immanquablement des interrogations, des débats voire des positions critiques ou de rejet pur et simple sans qu’aboutisse pour autant une clarification de cette procédure professionnelle.

    D’ailleurs, peut-on le ranger dans les outils professionnels ?

    De fait, du moins en France, c’est un terme que l’on entend clairement et fréquemment utiliser principalement par les psychologues cliniciens qui travaillent en institution de soin en santé mentale mais aussi par les psychologues scolaires qui œuvrent dans le domaine de l’éducation pour tenter de palier aux effets de l’échec ou de l’inadaptation scolaires. Je l’entends souvent énoncer quand j’anime à l’Université des Groupes de Réflexion sur la Pratique des Stages  [1] ainsi qu’au cours de supervisions individuelles ou collectives lorsque de jeunes professionnels se retrouvent, quelques fois à leur corps défendant, face à des patients en état de grande souffrance ou de crise et qu’ils vont devoir « suivre ».

    Suivre, faire un suivi… le mot est lâché comme si le terme définissait clairement la tâche alors qu’est laissée à l’appréciation et à la créativité des professionnels le soin de construire un modèle, un cadre théorique, d’élaborer une méthode, de définir des objectifs et des procédures d’appréciation du travail conduit. J’ai d’ailleurs pu constater ce même flou lorsque le terme est utilisé explicitement dans des circulaires officielles tendant à régler les modalités de travail de certaines catégories de personnel – en l’occurence : les psychologues scolaires – sans qu’à ma connaissance, son contenu soit plus clairement précisé comme si cela allait de soi ou que tout un chacun savait ce dont il etait question.

    Il est difficile de définir ce que l’on entend par « suivi psychologique » dans la mesure où ce terme n’a pas, à ma connaissance, de statut conceptuel établi. J’ai pu vérifier qu’il n’était pas non plus répertorié dans le Dictionnaire de la Psychologie paru au P.U.F.

    Toutefois, si l’on écoute les professionnels qui s’y réfèrent, lorsque ce terme est avancé ; il semble utilisé pour tenter de définir un type de travail qui m’a semblé se caractériser par le fait qu’il s’agissait de rencontrer un patient adulte ou un jeune patient d’une manière temporellement indéfinie pour l’écouter parler et, éventuellement, lui renvoyer des « choses » afin de l’aider à comprendre la crise qu’il traverse ou l’état de souffrance qui l’habite.

    Qu’est-ce-qui diffère, alors, le « suivi psychologique » de procédures plus clairement définies sous le nom de « psychothérapies ». Je mets expressément « psychothérapies » au pluriel dans la mesure où le mot « psychothérapie » pris au sens singulier ne veut rien dire si l’on ne lui ajoute pas un qualificatif qui précise le cadre de référence dans lequel cette « psychothérapie » est envisagée. On parlera alors de « psychothérapie psychanalytique », de « psychothérapie rodgérienne », de « psychothérapie humaniste »… etc., etc.

    Qu’est-ce qui justifie, sur le plan clinique, la création d’un outil apparemment approprié et spécifique ? Correspond-t-il à une réalité psychique particulière de patients que cette procédure serait censée permettre de mieux saisir et éventuellement traiter ? Répond-t-il à une configuration clinique spéciale ?

    2 – Peut-on esquisser une définition ?

    Si ce vocable est créé et véhiculé ; on peut raisonnablement penser que ce n’est pas gratuit et qu’il possède une utilité et une finalité qu’il convient absolument de préciser.

    Revenons à l’étymologie et au sens des mots.

    Si, à l’instar du détective privé qui fait une filature, je « suis » quelqu’un dans la rue – c’est-à-dire que je fais un suivi – ; cela veut dire que je ne suis plus maître de mon parcours pas plus que de mon temps. Le « suivi » suppose donc une adaptation aussi parfaite que possible aux mouvements de l’objet que l’on « suit ».

    Mais le détective peut subitement voir son suspect déjouer la filature et se retourner agressivement contre lui. Au plan clinique, cette position par essence empathique n’est pas exempte de dangers et de problèmes. Car, en « suivant », je peux être confronté à des « choses » – visions, évènements, situations – que je n’avais pas forcément prévues de voir et qui peuvent se révéler soit effractrices et dangereuses pour moi soit fascinantes ou sidérantes. En contrepartie, il me sera possible de mieux connaître la personne que je « suis » et de mieux percevoir et appréhender le monde qui est le sien.


    [1] Il s’agit dans le cadre de la 4e et 5e année d’étude en psychologie d’aider les étudiants à clarifier leur position professionnelle dans le cadre de leurs premiers contacts cliniques avec des patients accueillis dans des institutions de soins (hôpitaux psychiatriques, services de santé mentale, institutions diverses).

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  • Article,  Psychotraumatisme

    Nice : Le « héros de l’attentat » tente de se suicider

    Par Mathilde Frénois et Fabien Binacchi
    10/10/19
    Franck a finalement été mis en sécurité et pris en charge par les secours
    Tout un quartier a été bouclé. Jeudi 10 octobre 2019, le Raid a déployé ses hommes dans l’ouest de Nice, chemin de la Batterie-Russe, pour gérer une tentative de suicide. Une intervention qui s’est conclue vers 13h40, avec la mise en sécurité de la personne.
    Selon des sources concordantes, il s’agirait de Franck, le « héros du 14 juillet » qui avait tenté d’arrêter avec son scooter le camion sur la promenade des Anglais.

    « Il menaçait de mettre fin à ses jours »

    « Vers midi, un équipage de la police municipale a fait appel à nos services pour une personne retranchée à son domicile. Il menaçait de mettre fin à ses jours, explique le service de communication de la police nationale. Plusieurs équipages, dont la BAC, ont pris contact pour raisonner la personne retranchée. Le contact n’a pas été possible. » C’est à ce moment-là que le Raid est intervenu. Il est parvenu à mettre en sécurité Franck. Le héros a été pris en charge par les secours. Il a été hospitalisé.
    Ce père de famille avait été décoré de la Légion d’honneur un an après l’attentat, le 14 juillet 2017.

    « J’ai en tête les images des corps qui volaient de partout. J’ai tout de suite compris, j’ai alors décidé d’accélérer. Ma femme, derrière moi, me tirait le bras et me demandait où j’allais. Je me suis arrêté. Je lui ai dit : “Dégage !” Et j’ai accéléré à fond. »

    Franck ne s’est jamais remis de cette nuit d’horreur.


    « On m’avait prédit un contrecoup. Il m’est tombé dessus sans prévenir, début septembre. J’ai vécu une sorte de black-out. Pendant trois semaines, je vivais machinalement, j’étais debout, mais je n’ai aucun souvenir de cette période. Le psychiatre m’a expliqué que le cerveau, épuisé, finissait par tirer le rideau »

    confiait-il en décembre 2016.

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