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Quand le corps exprime le mal-être.

Quand elle n’est pas verbalisée, la souffrance psychologique ressurgit sur le corps. Un signal d’alerte à prendre en compte.
« Se ronger les sangs », « se faire de la bile », « avoir les reins solides » ou « se prendre la tête » : les expressions les plus imagées de la culture populaire témoigne de la force de la relation entre le corps et l’esprit. Nous l’avons tous déjà expérimenté : notre mal-être psychique a des retombées physiques souvent immédiates.
Si ces désagréments peuvent disparaître une fois la contrariété passée, il arrive que le phénomène prenne une place grandissante dans notre vie. « Somatiser, c’est être atteint par des troubles qui sont, par nature, inexpliqués, explique Antoine Bioy, professeur de psychologie clinique et psychopathologie à l’Université Paris 8. Son origine n’est pas assuré mais le trouble somatique a des répercussions d’ordre émotionnelle, psychologique ou comportementale. Psychologiquement, la personne n’arrive pas à ‘s’ajuster’, à trouve la ‘juste émotion’. »
Un exutoire à la peine et à l’anxiété
Manon, 31 ans, en a fait la douloureuse expérience. A 14 ans, elle perd son père, sans avoir pu lui dire au revoir. S’en suivent plusieurs mois de maladies à répétition. « J’ai d’abord eu la mononucléose, puis des angines en cascade, je ne m’en sortais pas. Le pire a été quand des kystes sont apparus partout, sur mon visage, mais aussi dans ma gorge. Cela m’empêchait de manger et de parler. Le médecin a identifié un staphylocoque doré. J’attrapais tout car je n’avais plus de défenses immunitaires. »

Incapable de faire face à ce choc émotionnel, Manon a laissé son corps vivre ce deuil à sa place, comme si la douleur physique était un exutoire à sa peine et son anxiété.

Par Leslie Rezzoug.

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