Article,  Psychotraumatisme

Le terrorisme, une des sources souterraines du mal être chez les policiers

Par Jean-Claude Delgenes
Le 29 septembre 2019
La France est le pays occidental le plus touché par le terrorisme. 11 attentats s’y sont déroulés depuis janvier 2015 et ont causé 245 morts.
La situation aurait pu être encore plus dramatique : 17 attentats au moins ont échoué et 50 ont été déjoués. Les attentats ont la particularité de cibler presque toujours les forces de l’ordre.
Les policiers et les militaires pendant toute cette période qui s’étend sur plusieurs années sur l’ensemble du territoire sont devenus des cibles vivantes récurrentes.

Le 7 janvier 2015

Les frères Kouachi se réclamant d’Al Qaida au Yémen, armés de kalachnikov et de fusils d’assaut AKM, font irruption au sein de Charlie Hebdo pour y assassiner douze personnes dont huit membres de la rédaction et deux collaborateurs. Au cours de l’attentat deux policiers seront aussi tués. Le premier Franck Brinsolaro chargé de la protection de CHARB dessinateur emblématique du journal et le second – Ahmed Merabet – exécuté par l’un des deux terroristes sur le boulevard Richard Lenoir au cours de leur fuite. Les deux assassins seront abattus le 9 janvier à 17 heures par l’unité d’élite de la gendarmerie nationale, le GIGN. Ils s’étaient réfugiés dans une imprimerie de Dammartin en Goële. Ils tentèrent de s’enfuir, en faisant feu sur les gendarmes qui ripostèrent.

Le 8 janvier 2015

Amedy Coulibaly ami des frères Kouachi qu’il a connus en prison se rend à Montrouge ville limitrophe de Paris ; il y assassine Clarissa Jean Philippe une policière de 26 ans et blesse grièvement un agent de voirie. Se réclamant de l’Etat Islamique (Daesh) lourdement armé, le lendemain il prend en otages vingt personnes dans une supérette casher à la porte de Vincennes. Il tue immédiatement trois clients puis un employé avant l’intervention des deux unités d’élite de la police le RAID et la brigade de recherche et d’intervention (BRI) qui l’abattent. Au cours de l’assaut 4 personnes dont 3 policiers, sont blessées. Les otages sont tous sauvés.

Le 13 et 14 novembre 2015

Les attentats terroristes reprennent, menés par trois commandos distincts. Six fusillades et attaques suicides islamistes sont perpétrées à Paris et dans sa banlieue par neuf tueurs lourdement armés qui se réclament eux aussi de Daesh. Dans cette tuerie de masse 13I victimes tombent sous les balles aux terrasses de plusieurs bars et restaurants dont 90 dans la salle de spectacle du bataclan. Parmi les 413 blessés 99 sont en urgence absolue. L’unique survivant parmi les terroristes est capturé par la police Belge à Molenbeek après 4 mois de fuite.

Le 13 juin 2016

Un policier de Magnanville et sa compagne sont assassinés chez eux par un jihadiste de Daesh. Le Raid abat le terroriste.

Le 14 juillet 2016

A Nice un membre de Daesh fonce avec un camion dans la foule regroupée après le feu d’artifice et tue 86 personnes tout en blessant 400 autres. Le tueur est abattu par la police.

Le 26 juillet 2016

Le père Jacques Hamel, prêtre de Saint Etienne du Rouvray est égorgé dans son église par deux jihadistes de Daesh abattus par la police.

Le 20 avril 2017

A Paris, sur l’avenue des Champs Elysées un terroriste de Daesh armé d’une kalachnikov tire sur un fourgon de police et tue son conducteur le policier Xavier Jugelé. Il blesse deux autres policiers ; il est aussitôt abattu. Ce tueur avait déjà été condamné en 2005 à 15 ans de détention pour une tentative de meurtre à l’encontre d’un élève gardien de la paix. Il était connu pour son obsession à vouloir tuer des policiers.

Le 1 octobre 2017

Deux jeunes femmes sont tuées sur le parvis de la gare Saint Charles à Marseille. L’attentat est là encore revendiqué par Daesh. Le tueur est abattu par les militaires de sentinelle.

Le 23 mars 2018

Les attaques menées à Carcassonne et dans un supermarché de Trèbes dans l’Aube par un membre de Daesh font 4 victimes et 15 blessés. Après avoir volé un véhicule en tuant son conducteur et en blessant le passager, le terroriste s’en est pris à un groupe de 4 CRS qui terminaient leur footing. Il tire à six reprises et blesse grièvement l’un d’entre eux. Le terroriste s’est ensuite réfugié dans un supermarché en prenant une caissière en otage, les clients du magasin ayant réussi à fuir ou à se cacher. Le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, se propose alors comme otage en échange de la libération de la jeune femme et pour préserver qui plus est, les autres personnes qui sont restées dans le magasin. Lors de l’assaut qui suit auquel il a aidé, Arnaud Beltrame est mortellement blessé. L’homme deviendra un héros national.

Pour répondre à cette extrême gravité le gouvernement instaure l’état d’urgence jamais décrété depuis le putsch d’Alger, le 13 mai 1958, la police est mobilisée dans toutes ses composantes pour traquer les terroristes, rechercher les criminels en fuite, effectuer des contrôles dans tout le pays. La police cherche par sa mobilisation à éviter de nouvelles attaques. Cette mobilisation sera payante plusieurs attentats seront déjoués mais couteuse en énergie car les repos et les récupérations seront souvent reportés ou annulés.

Le 3 octobre 2019

M. ERNEST Damien, major responsable d’une unité locale de police ; 28 ans de services. Tué, dans l’exercice de ses fonctions.
M. LANCELOT Anthony, gardien de la paix ; 11 ans de services. Tué, dans l’exercice de ses fonctions.
M. LE MESCAM Brice, adjoint administratif principal ; 6 ans de services. Tué, dans l’exercice de ses fonctions.
Mme TRIFIRO Aurélia, gardienne de la paix ; 17 ans de services. Tuée, dans l’exercice de ses fonctions.
Jamais un policier n’avait été soupçonné d’avoir perpétré une attaque terroriste, jusqu’à jeudi. Dans l’enceinte même de la préfecture de police de Paris, Mickaël Harpon, 45 ans, a tué quatre fonctionnaires et grièvement blessé une cinquième avant d’être abattu dans la cour du bâtiment. Certes, le suspect n’appartenait pas précisément aux forces de l’ordre mais travaillait depuis quinze ans en tant qu’informaticien au sein de la direction du renseignement parisien (DRPP). « Les derniers cas de terrorisme interne doivent remonter à la guerre d’Algérie mais c’est incomparable »

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